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Message de Noël BILLARD

28 | 20 novembre 2008

                                           

                             

APPEL AUX ELECTEURS

DE LA MOTION A

                                     

 

 

Le week-end dernier, j’ai assisté à un bien triste spectacle ; Oh ! Certes, je n’étais pas présent dans les coulisses où se tramait peut-être le sombre avenir de notre parti mais ma présence en tant qu’auditeur m’a suffi. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à m’en remettre. Et pourtant, en tant qu’ancien Secrétaire Fédéral d’une organisation syndicale, on ne peut pas me qualifier de « poulet de l’année ». Je fais toutefois la distinction entre les différents niveaux de déchirures. Dans le cas qui nous concernera demain, autant dire que nous sommes proches de l’explosion en vol de l’avion PS. Lorsqu’en 3 ans d’adhésion, vous avez constaté un mauvais fonctionnement national, un mauvais fonctionnement fédéral sans m’étaler sur l’historique de ma section, on ne peut pas dire que les divisions à Solférino étaient anecdotiques et encore moins sporadiques. Le Mal est profond et Jeudi, vous aurez, nous aurons une responsabilité historique : SAUVER LE PS.

 

A titre personnel, je ne peux pas me taire sur le choix incontournable qui sera le mien Jeudi et - peut-être- Vendredi car je ne peux pas me taire sur ce que j’ai vu à REIMS : d’un coté, des gens sérieux qui possèdent indéniablement un fond politique, avec des divergences peut-être mais qui sont d’abord et avant tout des différences, et de l’autre un groupe d’opportunistes derrière la star élue par les médias, aux discours bien rodés mêlant affect et victimisation. Je ne peux pas non plus me draper dans une posture légitimiste qui consisterait à devoir voter pour la candidate qui est arrivée en première position lors du vote des motions, sinon, je vous le demande, à quoi servirait de solliciter l’avis des militants si on ne lui donnait moralement qu’un seul bulletin ? Est-on légitime à gouverner le PS lorsqu’on a fait la preuve de son incapacité à rassembler aucune des autres motions « principales » ?. Peut-on avoir la prétention de fédérer 100 % de socialistes quand on n’a pas été capable d’en unir plus de 30% (motion B + E) au congrès de REIMS ? Je vous le demande les yeux dans les yeux. On n’a pas le droit de laisser faire.

 

Jeudi et Vendredi, j’appelle tous-tes les camarades de la motion A à voter pour la candidate la moins éloignée du texte que nous avons signé :  Martine AUBRY.

 

 Martine AUBRY, envers laquelle je pourrais légitimement nourrir quelques rancoeurs du passé, est une femme de conviction sans prétention ultérieure affichée :

-         qui ne fait pas du jeunisme un préalable encore moins un dogme,

-         qui ne fait pas de surenchère à gauche,

-         qui a toujours fait, des problèmes sociaux, sa priorité

 

Jeudi et Vendredi,

 

                  POUR SAUVER LE PS,

VOTONS ET FAISONS VOTER :

 

                                           MARTINE AUBRY

 

Noël BILLARD

Motion A

Section de CHARTRES

 

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Message de Jean-Jacques Châtel

28 |

 

 

 

Cher(ère) camarade,

 

Comme je te l’ai indiqué dans ma présentation de candidature, j’ai fait mardi soir dernier le point de la situation nationale et fédérale avec mes camarades de la motion A.

 

Au niveau national, ce sont les adhérents qui vont décider de qui sera notre nouveau(elle) premier(ère)  secrétaire national(e) ; ceci est conforme à nos statuts depuis l’instauration de l’élection de nos secrétaires (nationaux, fédéraux, locaux) au suffrage direct des adhérents. Si une majorité de nos camarades appellent à voter Martine Aubry, d’autres ne souhaitent pas prendre position publiquement : c’est en particulier mon cas ; il a donc été décidé collégialement de ne pas donner de consigne de vote.

 

Au niveau local, nous aurions donc pu lors de notre congrès fédéral présenter une candidature définitive au poste de premier secrétaire fédéral. Cela n’a pas été notre choix, en particulier pour ne pas ajouter de la confusion à la confusion.

Nous avons proposé un mode de gouvernance de notre fédération. Nous n’avons pu obtenir que le débat sur notre proposition ait lieu au moment du congrès fédéral ; nous avons depuis répondu aux demandes de contact pour en discuter.

Les représentants de la motion C nous ont dit être d’accord avec l’esprit de notre texte et Patrick Dubourg nous a fait savoir que tous les candidats de la motion E s’engageaient à signer un texte dont la teneur est la même que celle de notre proposition.

 

En conséquence, en conformité avec la position prise à Châteaudun, je retire ma candidature au poste de premier secrétaire fédéral ; par ailleurs, pour être cohérent avec cet engagement qui s’adressait à toutes les motions et pour laisser nos camarades d’E&L faire leur choix conformément à nos statuts, il a été décidé collégialement de ne pas donner de consigne de vote.

 

Cela signifie que nous sommes prêts à travailler sur cette base de gouvernance au sein de du rassemblement le plus large possible de la fédération autour du candidat de la motion E mais aussi, si cela est le choix des adhérents, du candidat de la motion C.

 

Bien évidemment, ce pacte devra se traduire au quotidien dans les faits et, quel que soit le candidat élu jeudi prochain, notre engagement à ses côtés sera conditionné au respect de celui-ci. Nous pensons que c’est grâce à cette méthode que nous pourrons éviter de connaître de nouveaux dysfonctionnements et donc de nouvelles divisions. Et c’est donc ainsi que nous pourrons espérer renouer avec les victoires électorales en E&L.

 

 

Fraternellement,

Jean-Jacques Châtel

 

 

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Pierre Moscovici s’exprime …

28 | 18 novembre 2008

C’EST UN GRAND TORT…
 
17 novembre 2008

Le Congrès de Reims s’est conclu sur un échec retentissant, il s’est achevé sans que se dégage une orientation politique majoritaire, sans synthèse, après s’être déroulé dans la tension. Je ne vais pas revenir ici sur le film : vous avez suivi, heure par heure, la dramaturgie de cette catastrophe annoncée – relisez, si vous le voulez, mes derniers posts – et ce forum témoigne de votre passion, de vos inquiétudes, que je partage. Le Parti socialiste est en crise, il a montré aux Français sa face sombre, au moment où Sarkozy paradait au G20 – une rencontre d’ailleurs moins fructueuse qu’il ne l’espérait et ne l’a dit. Saurons-nous nous ressaisir ? L’enjeu de la semaine qui s’ouvre, décisive pour l’avenir de la gauche, est là. Je veux plutôt revenir sur les causes de ce désastre, et expliciter ma position sur les choix qui nous attendent.
 
« C’est un grand tort que d’avoir raison trop tôt » : c’était le titre des mémoires d’Edgar Faure, emprunté je crois à Turgot. Élu franc-comtois comme lui, je reprends aujourd’hui à mon compte cette formule. Car, reconnaissez-le, je vous ai décrit, jour après jour, la mécanique perverse d’un Congrès d’échec. À cela, je vois trois raisons principales. La première tient à nos « institutions », nos règles. Celles-ci superposent un parlementarisme absolu – la proportionnelle intégrale pour l’élection de nos instances – tel que celui de la IVe République, et le présidentialisme total – le vote des militants pour désigner le premier secrétaire – sur le mode de la Ve. Cette combinaison détonante porte le double risque de la fragmentation et de la division : nous pouvons, après Reims, avoir les deux. Deuxième cause, liée : la tentation de la présidentialisation du parti. J’avais prédit que celle-ci, dans un contexte où s’affrontaient plusieurs personnalités fortes, mais dont aucune ne fait naturellement l’unanimité, ne pouvait que déboucher sur un choc violent et nullement conclusif : quel que soit le résultat de vendredi, le match continuera. En attendant, cela ne facilite pas la remise au travail collectif pour laquelle j’ai tant milité. Troisième facteur, enfin : l’irresponsabilité de certains dirigeants, qui ont poussé à ce choc absurde. On comprendra que je sois plus particulièrement critique à l’égard de ceux qui ont cassé sciemment, méthodiquement, la famille sociale-démocrate qui aurait pu, unie, jouer un rôle central dans ce Congrès. Mais foin du ressentiment : c’est une impasse générale qui a abouti à la triste fin, que vous connaissez, de la commission des résolutions du Congrès de Reims.
 
Alors, que faire ? J’ai été, vous le savez, un acteur très sollicité de ce Congrès. Je me suis efforcé d’y jouer un rôle stabilisateur, j’ai été évoqué ici et là comme une solution, j’ai refusé de choisir entre le « TSS » et le « tout pour Ségolène ». La motion A ne sera pas présente dans le vote qui vient : Bertrand Delanoë n’a pas souhaité ajouter la confusion à la confusion, et vivre une nouvelle épreuve face au risque d’une coalition hostile, je le comprends. Mais cette situation est pour nous délicate, indéniablement, car dans ce Congrès, il était notre candidat, le seul. Comment affronter cette passe difficile ? J’ai, pour cela, trois convictions. D’abord, je ne souhaite pas - après en avoir parlé avec liberté et amitié à Bertrand, qui admet ma position comme j’accepte la sienne - donner de consigne de vote. Je demande que ce soit compris et respecté. C’est pour moi le résultat logique de ce dur week-end. En effet, si un choix, plutôt qu’un autre, s’était dégagé avec netteté, le Congrès de Reims se serait conclu autrement, et nous aurions participé à une majorité ou à une autre. Je voterai, bien sûr, je choisirai au premier tour, j’éliminerai au second – en fonction aussi, d’ailleurs, de ce que diront les candidats cette semaine. Que chacun le fasse en son âme et conscience, à partir de ses analyses et engagements, sans condamner celui qui ne pense pas comme lui : c’est ce que je suggère à tous ceux qui veulent bien m’écouter, me suivre parfois. Mais attention, ce vote ne peut pas, ne doit pas signifier la fin de la motion A. Celle-ci, dans un parti qui peut connaître une période de convulsions et d’instabilité comparable aux lendemains du Congrès de Rennes, doit, au-delà des choix différents de chacun sur le Premier secrétaire, rester un pôle de cohérence, de stabilité, un repère pour les militants et pour les Français. Elle doit donc, absolument, rester unie, dans les fédérations et à l’échelle nationale, vivre, contribuer au bon fonctionnement du parti. Cela a une conséquence : si nous n’avons pas de consigne de vote collective cette semaine, nous devrons, après qu’un(e) Premier(e) secrétaire ait été élu(e), être pour lui, ou elle, des partenaires exigeants, qui ne renoncent à aucune de leurs idées, de leurs conceptions du parti. Nous ne pouvons pas, ne devons pas être dans l’abstention récurrente, dans l’abstinence, faire la grève du parti.
 
Vendredi au plus tard, le PS aura un leader, légitime mais fragile, mais il n’aura pas de direction. Il nous reviendra, alors, d’être les avocats de ce qui aura le plus manqué dans ce Congrès terrible : l’attachement à l’unité des socialistes, le réformisme conséquent, la cohérence des comportements. C’est ce pourquoi je me bats depuis des années. C’est ce pourquoi j’ai milité – non sans succès et sans audience, je l’ai mesuré tout au long de ces trois jours à Reims, mais sans convaincre tout à fait - depuis 2007. C’est ce pourquoi je vais continuer à me battre, avec mes amis de « Besoin de gauche », qui possède désormais une vraie représentativité dans les instances du parti, et dans le cadre de la motion A. La politique est une longue patience : j’en ai, je suis combatif, et je n’ai pas peur de l’ascèse. Je ne renonce pas à avoir, finalement, raison… à l’heure.

 

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Lettre aux militants de Bertrand Delanoë

28 | 17 novembre 2008

Paris, le 17 novembre 2008.

Cher-e camarade,

Le congrès de Reims n’a pas permis à notre Parti de s’unir autour d’une ligne politique majoritaire. Je le regrette profondément tout comme je regrette l’image que nous avons offerte aux Français. Pour notre part, membres de la motion A, nous souhaitions un rassemblement avec les motions D et C dont nous aurions voulu déduire une candidature. En dépit de nos efforts réels et sincères, cela n’a malheureusement pas pu aboutir.

Plus que jamais, nous considérons que les Français ont besoin d’un instrument capable de proposer des réponses opérationnelles à leurs souffrances sociales, à leur perte de confiance et de repères, et à ce qu’ils éprouvent face à une politique gouvernementale brutale et injuste.

Notre responsabilité est donc immense. Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s’exprimer, par son vote, sur ce qui est l’enjeu décisif de ce scrutin, comme l’ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l’identité même du Parti socialiste.

Au nom de mes convictions politiques, j’ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j’appelle à voter massivement en sa faveur.

J’entends, à l’avenir, défendre plus que jamais, les principes qui fondent mon engagement, au service d’une efficacité de gauche : un projet progressiste, écologiste, dédié à la justice sociale ; un idéal européen assumé, qui nous conduise à travailler, vraiment, avec nos amis sociaux démocrates afin de trouver ensemble un débouché de gauche à la crise actuelle ; une stratégie d’alliances claire, qui implique de s’ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l’ambiguïté d’alliances avec un parti qui se refuse à différencier la droite de la gauche.

Dans les circonstances graves qu’affrontent notre parti et notre pays, il faut choisir.
De ce vote dépend manifestement l’avenir et la conception même du Parti socialiste.

En toute amitié, mais avec l’intensité liée à ce moment, je souhaite te convaincre de voter au nom d’une certaine idée du socialisme.

Fraternellement

Bertrand Delanoë

 

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Message de Bertrand Delanoë du 13 novembre

28 | 13 novembre 2008

Mes cher-es camarades,

Nous avons un devoir historique : assumer à Reims des choix courageux pour les Françaises et les Français, et en particulier ceux qui ont le plus besoin de nous.

En effet, notre congrès se déroule dans le contexte d’une crise sans précédent, profonde, dont les conséquences sociales sont et seront extrêmement dures.

Notre responsabilité est donc immense. Nos concitoyens ont besoin de notre parti comme d’un instrument capable de s’opposer avec combativité et de représenter une alternative crédible. Capable aussi de leur offrir des repères constants dans une période où dominent le doute et la confusion idéologique.

C’est dire que les postures tactiques et les logiques individualistes ne peuvent pas répondre à de tels objectifs. Seul, un rassemblement qu’il revient à chacun de mettre en œuvre avec sincérité, donnerait à notre parti la force et la cohérence indispensables. Avec gravité, détermination, mais désintéressement, je suis donc résolu à contribuer à un tel processus, sur la base d’une ligne politique claire et responsable.

Pour nous, l’efficacité de gauche, c’est le socialisme démocratique, le choix de la croissance écologique au service de l’emploi, et une vraie ambition européenne. Oui, nous avons besoin d’un projet de gauche pour l’Europe et nous ne pourrons le réaliser qu’avec toutes les forces progressistes, dont nos amis sociaux-démocrates. Refuser cette dynamique, ce serait renoncer à trouver un débouché politique à la crise sociale, économique et financière mondiale.

Nous n’atteindrons ces buts que si nous clarifions d’abord notre conception même du Parti socialiste. La crise identitaire du PS appelle des réponses nettes, là où nos dernières campagnes nationales ont surtout révélé des fluctuations qui n’ont pas échappé aux Français.

Nous voulons un parti de militants, où chacun ait sa place, où la liberté de parole ne porte jamais atteinte à son unité, où partout, l’exigence éthique s’applique à notre démocratie interne, où soit réaffirmé le principe de cotisations progressives.

Nous voulons ouvrir notre parti à toutes les forces vives, syndicales, associatives, internationales, pour qu’il redevienne un lieu privilégié d’échange et de débat.

Et sur la question majeure des alliances, nous n’avons pas le droit d’être ambigus : on ne peut porter un projet de gauche qu’avec les formations politiques qui se reconnaissent durablement dans les valeurs de la gauche. Cela s’est vérifié hier. Et s’avère plus que jamais valable, pour aujourd’hui et pour demain.

Notre responsabilité collective et individuelle est engagée, dédiée aux attentes et même aux souffrances des Français.

A Reims, les socialistes n’ont pas rendez-vous seulement avec eux-mêmes : l’enjeu est plus large puisqu’il s’agit de donner à la France la force de croire au changement pour le mettre en œuvre le moment venu. Soyons conscients de ce défi. Soyons-en dignes.

Fidèlement à vous,
Bertrand DELANOË

 

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Pour sauver le Parti Socialiste par Pierre Moscovici

28 | 11 novembre 2008

POUR SAUVER LE PARTI SOCIALISTE

 

10 novembre 2008

 

Pourquoi tenir un tel blog ? Pourquoi, pour qui écrit-on ? Il m’arrive, c’est vrai de me poser la question. Pourquoi, pour qui militer ? Je me pose aussi cette question-là, de temps à autre. Et, c’est vrai, nous vivons des temps étranges, où le vouloir vivre ensemble des socialistes est abîmé, où la raison est égarée, où l’on se dit, où je me dis - parce que je me vois comme un bon professionnel de la politique, et un peu mieux que ça, un homme attaché à son parti, qui y défend des idées, des orientations fidèles à notre histoire et ancrées dans notre temps, partisan d’une ambition collective qui n’exclut pas l’ambition pour soi mais ne s’y résume pas, soucieux de diriger sans écraser, armé de quelques convictions, mais aussi d’un doute salutaire - que je dois décidément être un archaïque, un ringard, presque un survivant.

Quand je lis certaines remarques ici, totalement déraisonnables, intolérantes, fanatisées parfois ; quand je fais le point sur des Congrès fédéraux où chacun, chez soi, a construit sa propre stratégie d’alliance, sans aucune logique ni cohérence nationales ; quand je pense au Congrès fédéral du Doubs, où j’ai vu un garçon, décrit ici comme un saint, battu deux fois à des scrutins au sein de sa motion se présenter ensuite au vote des militants en attendant le soutien des autres courants, où j’ai entendu des camarades, le plus sérieusement, le plus tranquillement du monde, expliquer que 29 % en France est un score triomphal, devant lequel il faudrait s’incliner sans débat, mais que 49,9 % dans la fédération ne donne aucun titre à la diriger, où j’ai assisté à la candidature d’un ancien

Premier secrétaire fédéral qui avait démissionné par lassitude de cette fonction, qu’il avait bien et longtemps occupé, pour barrer la route de la motion majoritaire ; oui, quand je pense, vois, entends, constate tout ça, je me pose des questions sur l’état du Parti socialiste, sur les relations entre nous, sur notre capacité à réussir un Congrès de Reims utile aux Français, et non offert à Nicolas Sarkozy. C’est pourtant là une ardente nécessité.

 

Est-ce possible ? J’ai analysé, ici, la situation comme préoccupante, il est logique que la solution soit compliquée.

Quitte à déranger certains, qui croient que tout est simple, que le vote du 6 novembre a été limpide, qu’une issue seule s’impose, qu’une motion, ou telle ou telle personnalité, de qualité c’est vrai, dominent toutes les autres de la tête et des épaules, je voudrais mettre en évidence une analyse, et proposer une démarche qui ne se résument pas à la génuflexion à laquelle on m’invite, mais qui partent de la réalité du moment.

Quelques mots, d’abord, sur notre situation. Chacun devrait être conscient de quelques certitudes, mais aussi de vraies difficultés.

Les certitudes, d’abord.

Une motion, la motion E, est arrivée en tête, il lui revient de tenter de construire la synthèse : cette responsabilité ne saurait lui être disputée, il faut même contribuer à la réussite du rassemblement. Mais elle ne bénéficie pas d’un chèque en blanc : avec 29 %, alors que les trois autres courants principaux ont obtenu 25 %, 24 % et 19 %, elle est loin, très loin de la majorité, il lui faut la construire en respectant les autres sensibilités du parti.

Pour cela, doivent être traitées, et résolues, quelques questions politiques : la social-démocratie est-elle périmée ou à repenser ? Quelle conception du parti ? Quel rôle pour les militants ? Quelle rénovation ? Quelle conception de l’Europe ? Quelles alliances ? C’est autour de ce débat, et non à partir d’une logique autoritaire, que rien ne justifie, que l’on peut, ou non, parvenir à une issue politique cohérente.

 

Les difficultés, toutefois, ne manquent pas.

La première concerne l’interprétation de ce vote éclaté. Il y a en effet plusieurs grilles de lecture possibles, selon le point de vue où l’on se place, selon que l’on s’attache à la motion en tête – 29 % - au score d’une supposée « gauche » du parti – 43 % - d’une logique réformiste – 55 % ou 80% - ou encore à l’hypothèse, que je récuse, d’un front anti-Royal – 71 %. De la lecture qui s’imposera surgira la clé du congrès.

La seconde difficulté tient au degré de légitimité au sein de la motion E. J’ai écrit ici, et je le maintiens, que celle de Ségolène Royal elle-même est beaucoup plus forte – devant les Français, devant les militants – que celle de ses lieutenants, en lutte féroce – contre elle ? Entre eux ? – pour le leadership de cette motion. À l’évidence, leur capacité à rassembler – ce n’est pas faire injure à leurs talents, différents et incontestables, mais un simple constat – serait bien moindre, l’espace pour des combinaisons, hostiles ou amicales, à leur endroit, ou pour d’autres candidatures tout aussi pertinentes que la leur, s’ouvrirait.

 

Alors quelle démarche pour la motion A ?

Elle doit, comme l’a dit Bertrand Delanoë, être une partie de la solution, en aucun cas un problème. Elle doit examiner les propositions qui lui seront faites en défendant ses conceptions, débattre sincèrement sur la base de ses orientations, avec ses « lignes rouges », mais aussi avec le souci de l’intérêt général. Elle ne saurait se prêter à aucun arrangement artificiel, à aucune coalition hétéroclite, mais sans pour autant abdiquer ses exigences. Avant le congrès, pendant le congrès - un Congrès qui risque d’être très tendu - après le Congrès, au lendemain duquel la vie du Parti socialiste sera, quoi qu’il arrive, au mieux délicate, elle a le devoir d’être un pôle de stabilité, de se comporter avec sérénité, responsabilité, et pour cela de rester unie. C’est sur ces bases que pour ma part, non sans crainte mais avec les idées claires, j’aborde cette semaine redoutable. Il serait bon, j’en suis convaincu, que cet état d’esprit, fondé sur la raison, l’emporte sur les humeurs, la mauvaise foi, la soif de pouvoir qui dominent trop de socialistes aujourd’hui.

 

Car réussir Reims puis remettre le parti au travail est, comme je ne cesse de le dire depuis un an, la condition sine qua non pour une gauche à la hauteur de sa tâche historique.

 

Reconnaissez que les avertissements que j’ai dispensés ici se sont, hélas, avérés pertinents. Il est encore temps de sauver le Parti socialiste.

 

Pierre MOSCOVICI

 

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Interview de Bertrand Delanoë : déception et espoir

28 | 8 novembre 2008

Bertrand Delanoë a exprimé sa déception du résultat de la motion A, tout comme nous pouvons l’exprimer nous mêmes, qui, en Eure-et-Loir, nous sommes mobilisés pour un résultat décevant certes, mais qui est plus qu’honorable. En effet, soulignons qu’il est le meilleur score de la motion A en Région Centre et nettement supérieur au score national.

 Lorsqu’on défend des idées c’est pour les voir reconnues, mais Bertrand Delanoë tout comme Pierre Moscovici ont dit aussi leur espoir de voir les socialistes se rassembler dans la clarté, pour que notre parti redonne espoir aux Français, qu’ils sachent que l’on est au travail pour eux, pour une véritable alternative à la droite.

Nous formulons les mêmes voeux tant au plan national que fédéral et nous restons mobilisés et disponibles pour en faire des réalités.

l’interview (arrivé sur le site ci-dessous, descendre sur l’icône et lancer la lecture) :

http://www.rtl.fr/fiche/2419067/exclu-rtl-delanoe-je-ne-veux-pas-etre-un-probleme.html

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Communiqué de Bertrand Delanoë

28 | 7 novembre 2008
 

Ce soir, le parti socialiste a vécu un moment fort de démocratie.

Je veux saluer tous les militants qui se sont exprimés, quelle que soit la motion qu’ils ont choisie et tout particulièrement ceux qui ont soutenu la motion A.

Au nom des convictions que nous partageons, je crois plus que jamais indispensable de servir l’ambition d’un grand Parti socialiste, authentiquement de gauche, doté d’un projet crédible pour construire enfin une alternative politique gagnante dans notre pays.

Cela implique l’affirmation de principes et de convictions solides et constants : l’efficacité de gauche au service de la justice sociale, l’exigence écologique et l’engagement européen. Pour y parvenir, nous devons faire du PS un vrai parti de militants, fidèle à son histoire, ouvert sur la société et suffisamment fort pour s’imposer comme le pôle central d’un rassemblement de toutes les forces progressistes de notre pays. Cela exclut toute perspective d’alliance avec un parti qui ne s’assumerait pas clairement de gauche.

Notre responsabilité collective est considérable : face à la politique brutale et inconséquente de la droite, notre pays a besoin d’un PS déterminé à proposer un autre chemin aux Français. En effet, le congrès de Reims doit permettre de rétablir la ligne entre les socialistes et nos concitoyens et marquer la fin de la spirale de nos défaites nationales.

 

 

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Messages de Bertrand Delanoë

28 | 4 novembre 2008
Cher-e camarade

A 48 heures du vote sur les motions, je t’invite à découvrir sur notre site clarte-courage-creativite.com une adresse de Bertrand Delanoë aux militants socialistes, sous forme de message vidéo, pour les appeler à se mobiliser massivement jeudi en faveur de la motion A.

Tu trouveras également sur le site l’interview de Bertrand Delanoë dans l’émission “Les quatre vérités” sur France 2 ce mardi matin 4 novembre.

J’attire d’autre part ton attention sur l’entretien de Bertrand Delanoë au site rue89.fr.

Un nouvel argumentaire est mis à ta disposition, sous le titre “Nous sommes à quelques heures du vote des militants”. Il te fournira des éléments utiles, notamment pour les dernières rencontres et discussions avec les militants.

Ce mardi soir, Bertrand Delanoë ira à la rencontre des militants des Hauts de Seine, à Boulogne-Billancourt (école Fessart, 26-28 rue Fessart, à partir de 18h30).

Demain soir 5 novembre, Bertrand Delanoë tiendra sa 33ème et dernière réunion publique avant le vote sur les motions, à Strasbourg, salle Cap Europe, 6 rue de Bitche, à 18h, en présence de Roland Ries, sénateur maire de Strasbourg, Catherine Trautmann et Harlem Désir, députés eurropéens, Armand Jung, député, Raphaël Nisand, maire de Schiltigheim, et Matthieu Cahn, premier secrétaire de la Fédération PS du Bas-Rhin.

Tout doit être fait pour que la participation au vote le 6 novembre soit la plus élevée possible et que ce congrès soit jusqu’au bout celui du choix des militants, de la clarté et de la cohérence, pour un parti socialiste fort au service de nos idées et des Français.

Bon courage et bon travail à tous,

Amitiés socialistes

Harlem Désir

 
 
 
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6 bonnes raisons de voter pour la motion A

28 | 3 novembre 2008
 Le 6 novembre :

 

6 bonnes raisons d’aller voter pour la motion A

 

dont Bertrand Delanoë est le premier signataire.

 

1 - La motion A est celle de la cohérence et de la clarté sur tous les grands choix à opérer dans ce congrès :

- l’orientation : le réformisme assumé, européen et écologiste, au service du progrès social et d’un nouveau modèle de développement durable ;

- la stratégie : celle du rassemblement à gauche, sans ambiguïté ;

- la conception du parti : un parti de militants ;

- l’animateur : avec la candidature clairement annoncée devant les militants de Bertrand Delanoë comme premier secrétaire du Parti socialiste.

 

2 - La motion A propose un programme de travail concret et complet pour remettre le parti en marche dès le lendemain du congrès et réussir les trois années 2008-2011, décisives pour préparer la victoire de la gauche en 2012, avec des conventions thématiques sur tous les grands sujets de notre futur projet, qui seront conclues par le vote des militants.

 

3 - La motion A est celle du respect du vote des militants et la seule qui le garantit car ses signataires ne jouent pas - et n’ont pas joué - avec les règles démocratiques du Parti socialiste.

 

4 - Seul un vote départageant clairement les motions garantira que ce congrès sera celui du choix des militants et du respect de leur souveraineté et non pas celui des arrangements concoctés la nuit par quelques personnes à Reims, dans une commission. Seule une mobilisation importante pour la motion A dès le vote du 6 novembre donnera à nos orientations et à nos propositions de travail une légitimité incontestable. C’est bien une orientation qu’il s’agit de choisir, pas une combinaison.

 

5 - Plus forte sera la majorité issue du vote, plus simple et plus cohérent sera le rassemblement de tous les socialistes pour mettre en oeuvre l’orientation choisie par les militants. La motion A est la seule qui peut structurer l’indispensable rassemblement des socialistes dès le lendemain du congrès.

 

6 - Seule la motion A, parmi les motions à vocation majoritaire, respecte vraiment et concrètement les militants, en leur indiquant dès aujourd’hui qui est le chef d’équipe qu’elle propose pour animer notre parti. Dans une démarche de transparence et de clarté, notre premier signataire, Bertrand Delanoë, a fait acte de candidature pour être le premier des militants, si ceux-ci le décident. Nous souhaitons qu’il soit le prochain Premier secrétaire du Parti socialiste parce qu’il est préparé à le diriger, parce qu’il porte une orientation cohérente, parce qu’il dispose de la crédibilité nécessaire pour le représenter, parce que c’est un militant expérimenté qui sait faire vivre le pluralisme, rassembler la gauche et la faire gagner, qui aime le travail collectif et le débat et qui a l’autorité nécessaire pour faire respecter les décisions des militants.

 

Pour toutes ces raisons, le 6 novembre,

votez pour la motion A « Delanoë »

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